« Dans un bilan de compétences, il faut créer une vrai relation de confiance et de compréhension entre l’accompagnateur et le bénéficiaire. A distance ce sera difficile ». Cette phrase correspond à ce que je pensais l’année dernière, avant la covid, avant le recours généralisé au télé-travail, bref avant d’avoir essayer ! Depuis un an, j’ai accompagné plus de 40 bilans « en visio » et j’ai été agréablement surprise par la qualité des liens qui se créent.

Lorsque j’analyse les clefs de cette réussite, je trouve les éléments suivants :

  • Contrairement à une réunion d’équipe en visio-conférence, nous ne sommes que deux à participer à l’échange. Nous devons donc être pleinement concentré, comme lors d’un entretien en face à face.
  • La caméra transmet le sourire ou les mimiques de votre interlocuteur. Le partage des émotions fait disparaître la distance entre vous.
    A distance nous n’avons pas accès à toutes les informations non verbales de la rencontre (marche, poignée de main, odeur, etc.) mais nous en avons d’autres telles qu’un aperçu du lieu choisi pour la séance, le passage d’un enfant, du conjoint ou d’un animal de compagnie…
  • La caméra montre la figure mais aussi le buste et les bras de son interlocuteur. Ceux-ci nous informe de l’état psychologique de son interlocuteur.

Des premiers bilans à distance difficiles

Mes premiers bilans à distance ont été les plus difficiles. Ils ont correspondu à la période d’adaptation et de rodage. Il a fallu tester des logiciels de visio, apprendre à les utiliser efficacement, anticiper les difficultés des clients. Eux aussi ont appris ! Actuellement la plus part de mes interlocuteurs savent les utiliser. Il a aussi fallut s’outiller pour le partage de supports de réflexion non numériques (photos, cartes de test, etc.) mais là encore de nouveaux usages se sont mis en place.

Le principal bémol du bilan à distance à mes yeux est d’ordre matériel : Lorsque l’ordinateur ou le réseau n’assure pas, l’image peut se figer et un décalage de quelques secondes est possible. Cela n’influe pas vraiment sur l’échange car chacun de nous est engagé dans la conversation et « oublie » ces dysfonctionnements. Toutefois cela nécessite plus d’attention et donc génère plus de fatigue.

Le bilan de compétence à distance : une véritable alternative au présentiel

Les bilans de compétences à distances sont une option intéressante : A distance, 2 heures c’est deux heures, pas une demie journée. Les contraintes géographiques disparaissent ce qui est appréciable lorsqu’on vit loin d’une grande ville ou que l’on se déplace. La qualité du bilan n’est pas impacté.

Toutefois, il convient de préserver une offre de bilan de compétences en présentiel car nombreux sont ceux qui ne sont pas à l’aise avec la technologie ou simplement n’accèdent pas au très haut débit (condition sine qua non d’une viso-conférence agréable !). Par ailleurs, se rendre dans un centre de bilan compétences permet de disposer d’un lieu neutre et calme pour s’extraire des activités professionnelles ou familiales et se consacrer à soi.

Nathalie Wienin
Psychologue du travail (http://www.wienin.fr/) – Conseillère en bilan de compétences pour APERTIS